Prix Rosny aîné pour François Rouiller !

L’AMDA a l’immense plaisir d’annoncer que le roman Métaquine du Suisse François Rouiller s’est vu décerner la statuette du prix Rosny aîné lors de la 44ème convention nationale (française donc) de science-fiction, à Grenoble. Lui qui avait déjà été récompensé il y a 10 ans par le Grand Prix de l’Imaginaire pour son essai 100 mots pour voyager en science-fiction reçoit aujourd’hui les honneurs pour son premier roman.

Auteur et dessinateur phare en Suisse romande, et co-fondateur de notre association, François Rouiller va pouvoir ramener dans le canton de Vaud une magnifique statue de Caza :

Statuette du Prix Rosny aîné, photo: François Rouiller.

Retrouvez le commentaire de la remise du prix par l’auteur sur le blog de Métaquine.

 

Les ouvrages primés :

Exposition Robots à Londres

Le Musée des sciences de Londres revient sur 500 d’histoires de la robotique. Des premiers automates du Moyen-Age jusqu’au T800 de Terminator Renaissance et à Maria de Metropolis, en passant par les figurines et les robots-ménagers modernes, le musée dresse l’inventaire de la vision humaine, réelle ou imaginée dans la science-fiction, de la figure du robot. On y découvre des androïdes si humains, comme Kodoromoid, robots de communication développé par l’université d’Osaka et les laboratoires ATR. Ou Harry, un humanoïde développé par Toyota et capable de marcher et de jouer de la trompette.

Une exposition à visée historique qui retrace la vision portée sur les robots bien plus que leur performance ou leur développement technologique. « Dans l’imaginaire de la plupart des gens, les robots arrivent sur terre, détruisent le monde et nous réduisent en esclavage », déplore Ben Russell, commissaire principal de l’exposition. « L’avantage d’avoir une perspective plus large est de faire prendre conscience que nos inquiétudes face aux robots remontent à très très loin », a-t-il déclaré à l’AFP.

A visiter jusqu’au 3 septembre.

https://beta.sciencemuseum.org.uk/robots/

Star Wars : Tel est ton dessin !

La Maison du Dessin de Presse de Morges accueille une exposition dédiée au phénomène Star Wars. Entre parodies et hommages, les dessinateurs de presse se sont eux aussi appropriés cet univers et l’ont croqué avec leur vision. Dans un décor d’étoile noir créé pour l’occasion, on découvre les rébus de Zep sur les personnages de la série, les utilisations des références du monde de Georges Lucas comme mode de critique politique (que ce soit en Suisse autant qu’en France ou aux USA, les politiciens sont des cibles toutes trouvées), dont le Swiss Wars, publié en 2005 par François Maret. Mais aussi pour toutes sortes de causes, notamment la défense des LGBT. Une autre façon de se rendre compte à quel point le phénomène est planétaire… et jubilatoire ! A découvrir du 4 mai au 13 août.

http://maisondudessindepresse.ch

L’AMDA invite Hypogée

En prologue à son assemblée générale annuelle, l’AMDA invitait un quatuor d’artistes veveysans pour les entendre parler de leur mystérieux projet au nom d’Hypogée. Un projet « multi-médias » combinant une novella de science-fiction, des illustrations, des photos et de la musique. Le projet, ambitieux car entièrement artisanal, mêlera un petit livre, un vinyle et des photos d’une Suisse futuriste.

L’histoire elle-même entend « plonger dans les entrailles de la Suisse ». Les protagonistes de l’histoire sont des survivants d’une Suisse dévastée, vivants dans des galeries souterraines. Du moins jusqu’à ce qu’ils découvrent un artefact ancien. Un casque.

Le collectif d’amis à l’origine de la démarche s’est partagé le travail, selon leur domaine de compétences. David Amaral, à l’origine du projet, a encouragé Joël Beney à se lancer dans l’écriture, alors que lui-même s’intéressait à évoquer l’univers musicalement. Une fois l’histoire rédigée, David Campanico s’en emparait pour l’illustrer, s’inspirant notamment du film Metropolis, comme cela n’a pas échappé aux membres présents lors de la visualisation des diapos de présentations. Enfin, Audrey Piguet a été appelée par le groupe pour donner vie à ce monde au travers de montages photos. Sans chercher à créer un univers de toutes pièces en numérique, l’artiste a combiné des photos par ordinateur et les a retouchées pour leur donner un aspect futuriste – et sombre, pour les parties souterraines. Les exemples présentés sur leur site donnent un bon aperçu de la qualité du travail réalisé. Une reconstruction de la ville de Vevey sous formes d’un amas de building a particulièrement retenu l’attention de l’auditoire. La ville, à la fois reconnaissable et métamorphosée, ne laissait rien transparaître du puzzle de clichés utilisés pour lui donner vie. Une sacré performance et une première pour la jeune artiste.

Le coffret, actuellement en phase d’assemblage, sera tiré à 21 exemplaires numérotés, placés dans une belle caissette de bois vieillie, pour ajouter encore une couche à l’ambiance. Une façon de bien marquer le soin placé par les quatre artistes pour cette création, assez unique en son genre, il faut bien le dire. Le coffret sera verni en avril.

Coliopod: nouveau podcast romand !

Le podcast suisse romand, ça date d’hier. Ou presque. Beaucoup se souviennent sans doute de la belle aventure d’ Utopod, lancée par Lucas Moreno en 2007 et qui avait duré une quarantaine d’épisodes. Sept ans après son arrêt, voici Coliopod ! Un nouveau podcast, lancé par le Genevois Cédric Jeanneret – figure connue dans le milieu des littératures de l’imaginaire comme blogueur et membre du Jury du Prix Planète-SF des blogueurs aux Utopiales.

Le principe ? Chaque mois (on l’espère !), une nouvelle de science-fiction ou de fantasy sous format audio. Des épisodes d’une demi-heure environ qui permettent de s’immerger, autrement, dans un auteur et son imaginaire. Votre baladeur ou votre autoradio appréciera, soyez-en certain.

L’expérience a commencé en décembre 2016, avec « Trois contes de la rivière et du ciel » de Vandana Singh (tiré du recueil Infinités, paru en 2016 chez Denoël), s’est poursuivie en janvier avec Jean-Philippe Jaworski et « Kenningar » et, ce mois, avec « Le double destin du Taquin » de Raphaël Albert.

L’aventure continuera tant qu’il y aura des fonds pour produire les émissions, donc n’hésitez pas à soutenir ce projet, plein de promesses futures…

www.coliopod.com

SF en séries

Conséquence du phénomène de légitimation de la « pop culture » ou simple filon exploité par des producteurs sans scrupules surfant sur la vague de nostalgie des geeks trentenaires ? La présence toujours plus importante de la science-fiction sur les petits et grands écrans ne peut être ignorée.  Qu’il s’agisse des blockbusters hollywoodiens ou de huis clos intimistes réinventant le test de Turing[1], chaque mois voit apparaître dans les grilles de programmes et les salles de cinéma de nouvelles créations ou adaptations d’œuvres de science-fiction. Et cette tendance se confirme, si l’on en croit le genre des séries les plus attendues de 2016 et 2017[2].

Petit tour d’horizon des sorties qui ont pu vous échapper et des prévisions pour 2017.

Colony : Très attendue aux Etats-Unis, cette série narre le quotidien d’une famille américaine alors que la Terre est tombée aux mains d’une puissance extraterrestre. Collaborer avec les envahisseurs pour survivre ou entrer dans la résistance et en payer le prix ? C’est l’une des questions de fond que pose cette création originale.

The Man in the High Castle : Adaptation du roman uchronique éponyme de Philip K. Dick, cette série se déroule en 1962, dans un monde où l’Allemagne et le Japon ont gagné la Seconde Guerre mondiale et gouvernent la planète. Un groupe de résistants tente de mettre en sécurité un film subversif, créé par le mystérieux « Homme du Haut Château ». La première saison de cette série commandée par Amazon ayant reçu un accueil plus que favorable, une seconde saison a été commandée et sera diffusée fin 2016 aux Etats-Unis.

11.22.1963 : Adaptée d’un roman de Stephen King, cette série nous invite à suivre le personnage de Jake Epping, qui, découvrant le moyen de remonter dans le temps jusqu’en 1960, se donne pour mission d’empêcher l’assassinat de John F. Kennedy. Outre une reconstitution fidèle de l’Amérique des 60’s, on y trouve les inévitables problèmes que posent le voyage dans le temps et l’effet papillon.

Westworld : Remake du film du même nom réalisé en 1973 par Michael Crichton, Westworld nous fait découvrir un parc d’attraction peuplé d’androïdes à la pointe de la technologie. Les visiteurs se retrouvent projetés dans l’Ouest sauvage américain avec ses cowboys et ses bandits, sur lesquels il est permis de tirer. Et c’est à ce moment-là que tout dérape… Cette série est diffusée depuis octobre aux Etats-Unis.

Et ce n’est pas fini. Beaucoup d’autres projets dorment dans les tiroirs ou sont en cours de réalisation. Florilège des bruits qui se murmurent au coin du net :

Fondation : Jonathan Nolan a confirmé être en discussion avec la fille d’Isaac Asimov. Cette série de cinq romans, qui constituent le cycle de Fondation, relatant la chute puis la reconstruction d’une civilisation galactique, devrait être produite par la chaîne HBO.

Le meilleur des mondes : Ce roman d’Aldous Huxley décrivant une société « utopique », où la vie de chaque individu est programmée avant sa naissance, devrait être adapté en mini-série par Steven Spielberg. Mais aucune autre information n’a filtré jusqu’ici.

La grande porte : La chaîne SyFy a annoncé vouloir adapter la série de livres d’exploration intergalactique de Frederik Pohl, avec David Eick, déjà connu pour avoir produit la nouvelle version de la série Battlestar Galactica.

Les princes d’Ambre : Robert Kirkman, connu en tant que créateur de la série de romans graphiques The Walking Dead, a annoncé vouloir adapter la suite de romans de Roger Zelazny, contant les luttes de pouvoir entre les princes et princesses de la cité-monde d’Ambre, pour le petit écran. Il est encore à la recherche de scénaristes.

Hypérion : L’acteur Bradley Cooper essaye depuis plusieurs années d’adapter ce roman de Dan Simmons, racontant le pèlerinage de sept personnages sur une planète aux prises avec une créature métallique sanguinaire. Aux dernières nouvelles, il collaborerait avec la chaîne SyFy, qui aurait déjà engagé l’un des scénaristes de la série Boardwalk Empire, pour en faire une mini-série.

 De quoi assurer aux séries de science-fiction « une vie longue et prospère ».

Sébastien


[1]   On pense à Ex Machina, réalisé par Alex Garland.

[2]   « These Are TIME’s Most Anticipated New TV Shows of 2016 », in : http://time.com/4163331/new-tv-shows-2016/ ;  « 15 Most Anticipated TV Pilots Of The 2016-2017 Season », in : http://screenrant.com/most-anticipated-tv-pilots-best-new-shows-series-2016/

Entretien avec les directeurs de la publication de Futurs insolites

L’anthologie Futurs insolites : Laboratoire d’anticipation helvétique a été publiée cette année aux éditions Hélice Hélas. Comment crée-t-on une anthologie ? Quel est le rôle de l’éditeur ? Comment se passe l’appel à textes ? Nous avons posé toutes ces questions aux deux directeurs de la publication, Elena Avdija et Jean-François Thomas.

  • Comment vous est venue l’idée de cette anthologie ?

Elena Avdija [EA] : L’idée m’est venue en discutant avec un groupe d’auteurs suisses qui se retrouvent traditionnellement aux Utopiales. J’aurais bien voulu qu’il existe un endroit où proposer des textes en Suisse, notamment pour les jeunes auteurs, quelque chose comme une plateforme d’écriture. Je savais qu’il existait déjà des anthologies, dont une de Jean-François1, et l’idée d’une structure au sein de laquelle les auteurs puissent envoyer des textes et essayer d’être publiés me plaisait. Et pourquoi la Suisse : parce que j’avais envie de proposer un ouvrage thématique. Je pense qu’avoir une contrainte dans l’écriture, ça produit un sens en plus au recueil de textes et j’étais assez curieuse de voir ce que cela pouvait donner. C’est toujours un peu comme ça, dans ce genre de projets : ça part d’une envie. Disons que j’aurais bien voulu envoyer un texte à une anthologie comme ça et au lieu de le faire, j’ai fait l’anthologie ! Je n’ai donc pas écrit dedans, mais je suis contente d’avoir pu participer à la faire exister. Et comme j’avais besoin d’un coéquipier fort dans cette aventure, parce que c’est quand même un long projet, j’ai tout de suite pensé à Jean-François. Je lui ai demandé et il a accepté.

Jean-François Thomas [J-F] : Effectivement, on était aux Utopiales, Elena est venue vers moi et m’a demandé si je serais d’accord de participer à une anthologie de science-fiction suisse. J’en avais déjà fait, alors j’ai dit oui. Je voyais ça un peu comme un passage de témoin à une génération plus jeune, qui peut prendre la relève.

  • Comment avez-vous trouvé l’éditeur ?

EA : Les éditions Hélice Hélas m’ont été conseillées par un auteur qui avait déjà été publié chez eux. Je ne connaissais personnellement aucun éditeur, je n’avais jamais eu de contact avec aucun, à part pour la nouvelle que j’avais publiée2, mais c’était des Bretons !

  • Comment s’est passée votre première rencontre avec les éditeurs ?

EA : Je leur avais envoyé un très long mail, très détaillé, pour présenter le projet. Ils m’ont tout de suite proposé une rencontre pour en parler. J’étais très surprise que cela aille aussi vite. Et à partir du moment où on en a parlé, ça a été l’autoroute. Ça a pris le temps nécessaire, mais nous n’avons eu aucun obstacle. Les éditeurs nous ont laissé le champ libre.

J-F : C’est intéressant, car on se rend ainsi compte qu’il suffit parfois d’oser, de poser la question. C’est beaucoup une question de contacts avec les gens. Comme quoi, on peut avoir des projets et les réaliser : il faut peut-être avoir un peu de chance, tomber sur les bonnes personnes. Souvent les gens sont plus ouverts qu’on ne le pense.

  • Comment avez-vous procédé pour l’appel à textes ?

EA : J’ai créé une page sur Facebook pour diffuser l’appel à textes. Nous l’avons également envoyé par email et publié sur le site ActuSF.com. Nous avons en quelque sorte activé le « réseau SF ».

J-F : Pour Jean-Marc Ligny, c’était différent : je lui ai demandé aux Utopiales s’il serait intéressé à écrire une nouvelle sur la Suisse. Là aussi, nous avons été surpris, car il a répondu « pourquoi pas », mais il était pris par l’écriture de son prochain roman. Pour finir, il a imaginé une nouvelle qui se passe dans l’univers d’un de ses romans déjà publiés, Exodes 3. Pour nous, il était très intéressant d’avoir une « tête de série », si je puis dire, car c’est un auteur connu, ce qui est accrocheur pour une anthologie.

  • Combien avez-vous reçu de contributions ?

J-F : Environ une quarantaine de textes, dont quatorze ont été publiés. On en a donc écarté quelques-uns : certains étaient illisibles, certains étaient un peu hors sujet ou pas très clairs. On a demandé à des auteurs de réécrire, certains l’ont fait, d’autres ont refusé.

  • Quel a été le rôle de l’éditeur dans tout ça ?

J-F : Un des éditeurs a relu tous les textes. Il nous a aidé à réfléchir dans quel ordre on allait les mettre. J’ai fait une proposition, puis Elena et l’éditeur ont revu et modifié l’ordre. Il y a eu quelques changements et c’est là que l’éditeur est intervenu.

  • Quels sont les critères qui entrent en jeu quand on décide de l’ordre des nouvelles dans une anthologie ?

J-F : Il faut une nouvelle d’accroche, pour donner envie de lire les autres. On essaie aussi de varier en mettant une nouvelle triste, ou plus sérieuse, puis une plus drôle, … Par exemple, il y avait trois nouvelles sur la mort assistée : on ne les a pas mises les unes derrière les autres !

Une bonne nouvelle pour les amateurs de SF suisse : Futurs insolites est le second ouvrage de la nouvelle collection de science-fiction et de raisons d’ailleurs (sic) de la maison d’édition Hélice Hélas, « Cavorite et Calabi-yau ». Le premier ouvrage de cette collection est un recueil de nouvelles de Lucas Moreno publié en 2012, Singulier Pluriel.

Annabelle


Les Utopiales :

Créé en l’an 2000, ce festival international de science-fiction, organisé à la Cité des Congrès, à Nantes (FR), rassemble jusqu’à 60’000 amateurs du genre pendant quatre jours. On y trouve des écrivains, des illustrateurs, des scientifiques, mais aussi trois salles de cinéma, une salle dévolue aux jeux de rôle, ainsi que l’une des plus grandes librairies du monde consacrée aux genres SF, fantastique et fantasy. En 2016, les Utopiales se sont déroulées du 29 octobre au 3 novembre.


 

1 Jean-François Thomas (dir.), Défricheurs d’imaginaire, Orbe, Bernard Campiche, 2009.

2 Elena Avidja, « Les passerelles », in Réalité 5.0, Antoine Mottier (dir.), GOATER, 2ème semestre 2013.

3 Jean-Marc Ligny, Exodes, L’Atalante, 2012.

Et pendant ce temps-là, en Suisse alémanique…

Et plus précisément à Zurich, une association d’auteurs suisses de fantasy (« Verein Schweizer Phantastikautoren »)1 a vu le jour en juin 2015, sous l’impulsion de quatre jeunes auteures : Nina Egli, Dorothe Zürcher, Julie Fritsche et Tamara Guidolin.

Nous avons rencontré sa présidente à la « Brasserie Federal », à côté de la gare de Zurich, repaire de l’association.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nina Egli, je suis IT Security Tester, je travaille à Zurich et j’écris sous le pseudonyme de « Carmen Capiti ». Trois de mes romans ont déjà été publiés : deux de fantasy et un de cyber punk, et j’ai fondé l’année passée cette association avec trois autres auteures.

  • Quelle est l’histoire de la fondation de l’association ?

Nous quatre, qui avons fondé l’association, nous sommes toutes membres d’un forum allemand dédié aux auteurs de fantasy2. Nous nous connaissons de là. Nous avons créé une table ronde suisse et nous voulions organiser ensemble une lecture publique. C’est alors que je me suis demandé pourquoi nous n’organiserions pas de tels événements ensemble. Ça m’a donné l’idée de l’association, afin de faire ça de manière plus « professionnelle ».

 

  • Combien comptez-vous de membres actuellement et combien d’entre eux sont des auteurs ?

Nous sommes à présent 36. Que signifie « auteurs » ? Ce sont tous des auteurs, mais ils n’ont pas tous été publiés. Il y en a quelques-uns qui ont fait de l’auto-publication, d’autres qui ont été publiés par des maisons d’édition, d’autres encore qui font actuellement des pauses dans l’écriture à cause des études ou qui débutent… C’est très divers.

  • Comment avez-vous fait connaître l’association ?

De diverses manières : tout d’abord, nous sommes allées chercher quelques personnes du forum allemand. Ensuite, comme je suis assez impliquée dans le monde suisse de la fantasy, notamment via le jeu de rôle grandeur nature, nous avons fait un peu de pub là aussi. Nous avons également créé une page Facebook3. Enfin, il y a les événements publics : tout d’abord, nous sommes allés au Beaumonde4, qui nous a permis de récolter plusieurs nouvelles inscriptions. Suite au Fantasy Basel5, nous avons également accueilli beaucoup de nouveaux membres.

Je crois qu’entre-temps les gens ont aussi plus osé s’inscrire : au début, beaucoup ont entendu parler de nous, mais n’osaient pas s’inscrire, simplement parce qu’ils pensaient eux-mêmes ne pas être des auteurs, car ils n’avaient pas encore été publiés. Mais pour nous, chaque personne qui écrit est un auteur. Et lorsque les gens peuvent parler avec nous, sur un stand, ils le comprennent.

  • En général, les membres écrivent-ils plus de la fantasy, de la science-fiction ou les deux ?

Il y a beaucoup plus de fantasy pour le moment, surtout parmi les auteurs publiés. Nous en avons aussi plusieurs qui écrivent de la SF, mais leurs écrits n’ont pas encore été publiés ou alors seulement des histoires courtes. De manière générale, la part de fantasy est beaucoup plus importante. Je pense que la SF est beaucoup plus présente sur la scène romande : j’ai le sentiment qu’ici la SF est « morte ».

  • L’association est-elle très active ?

Oui, nous avons déjà participé à quatre ou cinq événements comme le Fantasy Basel. Là-dessus, il y a les lectures publiques : nous en avons organisé deux, mais ce sont surtout des connaissances à nous qui y ont assisté, nous n’avons malheureusement pas réussi à attirer d’autres personnes. Il y a aussi les événements privés : une table ronde une fois par mois et des lectures organisées chez des particuliers. Lors de ces tables rondes, chacun qui le souhaite peut lire une courte scène et il reçoit ensuite un feedback. Nous avons beaucoup de membres et il y a beaucoup d’échanges aux tables rondes : visiblement, le besoin était là ! Je crois aussi que cela aide les gens : écrire est une activité solitaire et c’est beaucoup plus facile quand on peut avoir un échange avec des personnes qui vivent la même chose.

Si cet article vous a donné des idées mais que vous ne maîtrisez pas suffisamment la langue de Goethe, nous vous rappelons l’existence, de ce côté-ci de la Limmat, des « Mercredis de la SF »6 , l’occasion pour tous les passionnés de SF, qu’ils soient auteurs ou lecteurs, de venir partager leurs découvertes et leurs idées !

Annabelle


4 www.beaumonde.ch, 5 et 6 septembre 2015, Das fantastische Comicspektakel

5 www.fantasybasel.ch, du 5 au 7 mai 2016, The Swiss Comicon

6 Les mercredis de la SF ont lieu toute l’année : le premier mercredi du mois au restaurant L’Harmonie, à Genève, et le 3ème mercredi du mois au restaurant Le Milan, à Lausanne. Tout le monde y est le bienvenu et aucune inscription n’est nécessaire !

Des nouvelles de Quantika

L’auteur et dessinatrice suisse romande Laurence Suhner nous avise que « plein de projets relatifs à QuanTika vont prendre place dès 2017: exposition QuanTika avec une dizaine de dessinateurs dans le cadre du festival Les Utopiales (Nantes), réédition de la trilogie en format poche chez Gallimard-Folio SF (octobre 2017), recueil de nouvelles aux éditions l’Atalante (automne 2017), une adaptation BD (comics américain) en négociation. Une nouvelle de SF relative à une découverte en astrophysique dans la revue anglaise NATURE, une autre dans l’anthologie « pulp » de Martin Lessard (Ad Astra). Et pour terminer, deux romans de SF en voie de rédaction pour 2018: Les Mondes de Jade et Le Voyage. Pour tous les goûts, donc. »

Pour plus d’informations: www.quantika-sf.com
D’autre part, l’auteur organise des cours de bande dessinée et ateliers d’écriture:
« 1. Tout d’abord un cours spécial « art book » pour les mordus: afin de bien présenter son dossier pour une école d’art ou un éventuel éditeur: scénario, synopsis, character design, mise en page, travail sur les planches définitives. Suivi personnalisé de chaque projet. 
But: obtenir un joli dossier pour donner le maximum de chance à son projet BD.
Les lundis de 18h15 à 20h45. 
En deux modules: de février à avril. D’avril à juin. 
2. Un cours BD enfants dès 11 ans: un lundi sur deux de 18h15 à 20h45, s’il y a suffisamment d’inscriptions. De février à juin. 
Autre horaire possible: 16h30-18h. 
3. Un cours BD sous forme de « chantier BD »: travail sur les projets dans le cadre des activités culturelles de l’université de Genève. 8 cours de 2h30 les mercredis de 18h30 à 21h. A partir du 22 février jusqu’en avril. 
inscriptions sur le site de l’université de Genève: https://www.unige.ch/dife/culture/cours/image/bande-dessinee »
Les cours seront donnés soit à Génération Peinture, 43 rue St Joseph, soit à l’espace Giovanni, à l’Usine Kugler (Cheminée Nord), rue de la Truite, Jonction.
Le programme est en ligne sur son site internet: www.quantika-sf.com

Retour sur l’exposition Dimensions

En 2016, l’AMDA a organisé ce qui est à ce jour son évènement le plus important en termes de visibilité, de budget et également de travail : l’exposition Dimensions. Organisée en partenariat avec la Bibliothèque de l’EPFL, elle a été présentée au Rolex Learning Center du 1er septembre au 27 octobre 2016.affice

Le but de cette exposition était de mettre en valeur les œuvres de trois auteurs suisses romands de bandes dessinées de science-fiction, dont le travail est reconnu au niveau international : José Roosevelt, Frederik Peeters et Krum.

Pour chaque auteur, une série de bandes dessinées a été sélectionnée : dans CE, Roosevelt explore un monde inspiré d’Alice au pays des merveilles à travers un personnage si insignifiant qu’il n’a même pas de vrai nom ; dans Aâma, Peeters nous présente la quête d’un homme amnésique sur une planète inconnue ensemencée par une substance mystérieuse ; et dans O2, Krum raconte l’angoisse de la création vécue par son personnage d’auteur de bandes dessinées.

Le point de vue adopté pour mettre en valeur ces différentes œuvres était celui des quatre dimensions : temporelle, spatiale, virtuelle et personnelle.

La dimension temporelle est la plus évidente, du fait que l’on découvre dans chacune des histoires différentes périodes de la vie des personnages ou différentes époques juxtaposées. La dimension spatiale se retrouve dans « l’ailleurs », lieu inattendu auquel sont soudainement confrontés les personnages au détour du récit. La dimension virtuelle est celle des « mondes » privés, parfois utilisés comme lieux de communication ou comme refuge, et dans lesquels on n’entre pas si facilement. Quant à la dimension personnelle, présentée pendant l’exposition dans des « igloos » gonflables, elle nécessite de connaître un peu la vie des auteurs pour la reconnaître dans leurs œuvres, excepté peut-être chez Krum, où le thème de l’histoire laisse peu de doutes sur le lien très personnel entre l’auteur et son sujet.

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Les portraits de Victoria

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A ces quatre dimensions exposées, la table ronde organisée dans le cadre de l’exposition a permis d’en ajouter une cinquième : la dimension culturelle, laquelle est perceptible dans l’influence de la culture de l’auteur sur son rapport au monde en général, et aux mondes fictifs en particulier.

Science-fiction oblige, les nouvelles technologies n’ont pas été oubliées, avec l’usage de la réalité augmentée : sur certaines planches, des cases masquées se révélaient seulement lorsqu’elles étaient vues à l’aide de tablettes mises à disposition des visiteurs.

Grâce à son architecture si particulière, le Learning Center a permis de bien mettre en valeur cette première manifestation sur le thème de la bande dessinée présente en ses murs. Nombreux sont ceux qui se seront ainsi intéressés le temps d’une visite au thème des dimensions, si cher à la science-fiction, et nul doute que plusieurs d’entre eux feront prochainement un passage à Yverdon…

Krum et Roosevelt au vernissage

Au centre et à droite, Krum et Roosevelt au vernissage