Second Life, un avant-goût de Métaquine ?

metaquine_vol1.inddIl avait défrayé la chronique peu après sa sortie. Second Life : une des premières expériences de monde virtuel ouvert, à situer entre jeu en ligne, réseau social et monde alternatif. Lancé en 2003, il s’est retrouvé quelques années plus tard propulsé en unes des plus prestigieux médias. Ses possibilités émerveillent, les financiers et les pubards en tous genres l’investissent : c’est le boom. On s’attendait presque au lancement d’un genre. Puis la crise financière est passée par là, et les médias ont eu d’autres chats à fouetter. Le monde virtuel a depuis complètement disparu des radars.

Il m’a fallu la lecture de Métaquine, de François Rouiller, pour raviver son souvenir à ma mémoire. Le SimDom de Métaquine n’est autre qu’après tout qu’une version avancée de cet espace virtuel. Les personnages du roman s’y connectent par l’intermédiaire d’une « calotte de lecture neurologique », sorte de casque high-tech « moins épais qu’un spaghetti », vous immergeant complètement dans ce monde, à la façon des casques du film Avalon (même si le nom semble plus directement faire référence aux jeux vidéo SimCity, Les Sims et autres de la firme Maxis). Et une fois dedans, libre à vous de vivre la vie que vous souhaitez. Sans plus aucune contrainte physique, mais avec tous les risques d’addictions liés.

(c) François Rouiller

(c) François Rouiller

L’alter monde virtuel de Métaquine réveille donc une certaine curiosité pour Second Life. Quelques recherches sur la toile m’apprennent que je ne suis pas le seul à me poser la question de savoir si ce monde online expérimental existe encore. Journaliste au Monde, Morgane Tual a rédigé en avril 2016 un article sur le devenir de cet univers.1 « Je m’attendais à trouver, une décennie plus tard, un univers déserté, une technologie vieillissante et quelques toiles d’araignées dans les coins, écrit-elle. Ce fut exactement l’inverse. » Visiblement, Second Life n’est pas mort et, même si l’euphorie est passée, l’expérience perdure. Mais à quoi ressemble-t-il aujourd’hui ? Au monde parallèle virtuel du SimDom ou à une version moins belliqueuse de World of Warcraft ?

Des fantasmes, mais peu d’imaginaire

Regardons d’abord les chiffres : les serveurs de Linden Lab enregistrent 900’000 connections par mois. On est loin de World of Warcraft, et il serait surtout intéressant de connaître le nombre d’avatars actifs. Néanmoins, le nombre d’utilisateur s’est stabilisé assez haut pour permettre au monde de perdurer et de garder son intérêt. Le départ de tous ceux qui voyaient Second Life comme une nouvelle plate-forme de communication ou de business fut sans doute un mal pour un bien, laissant ces lieux aux rêveurs, aux marginaux et à quelques autres artistes et créateurs. Sans parler de tous ceux qui cherchent par ce biais à assouvir quelques fantasmes libertins. « Le sexe est omniprésent dans le jeu, raconte Morgane Tual. Si certains espaces ne sont accessibles – officiellement – qu’aux joueurs de plus de 18 ans, des publicités pour des services sexuels pullulent dans Second Life. Le jeu est ainsi devenu une porte d’entrée vers des échanges érotiques payants par voix ou par webcam. Second Life est aussi le lieu où s’expriment les fantasmes interdits : certains avatars s’adonnent ainsi à la pédophilie ou la zoophilie. » Les Second lifers se lâchent et leur monde, à défaut d’être différent, est devenu surtout plus exacerbé. Sans filtre – et sans Métaquine pour y ramener la raison.

(c) François Rouiller

(c) François Rouiller

Visiblement, le lieu est devenu l’apanage de la dérision, de l’absurde. De l’imaginaire aussi ? Un peu. La journaliste raconte sa visite de l’école d’Harry Potter, ou du désert de Tatooine de Star Wars, recréés par les internautes. Mais comme le faisait remarquer l’ancien directeur de la Maison d’Ailleurs Patrick Gyger, interviewé sur ce sujet en 2010, on reste beaucoup dans de la copie, plus que dans la création : « Ce qui est très intéressant justement, dans cet univers en ligne, c’est qu’à ce niveau-là, ça ne marche pas très bien. On y reproduit surtout un environnement qui existe déjà – des pavillons de banlieues, des cathédrales, on y retrouve aussi Genève par exemple. […] Mais il n’y a pas, à ma connaissance, de bâtiments aberrants, plus grands à l’intérieur qu’à l’extérieur par exemple, ni de villes à l’envers.2»

Quelques recherches d’images montrent quand même des bâtiments volants, voire une ville vaguement futuriste. Mais on est effectivement encore loin de l’architecture du Thélème de Métaquine, qui foudroie ceux qui posent leur regard dessus. En revanche, un point commun intéressant entre le SimDom du roman et son plus proche équivalent actuel est son application médicale potentielle. Il est pas impossible que dans les décennies à venir, les personnes âgées ou malades issues des générations nées avec internet et Facebook choisissent de s’évader dans un monde virtuel plutôt que de souffrir de solitude, afin d’y retrouver vigueur physique et lien social (pour le pire comme le meilleur, sans doute). Et peut-être devenir comme les stades III du roman de François Rouiller, attachés à leur chaise, ne voulant plus reprendre pied avec la réalité…

A noter qu’un Second Life 2 est annoncé pour 2016 et sera peut-être sorti au moment où vous lirez ces lignes. Une renaissance, assortie d’une nouvelle vague de pionniers du net ? A voir. Ce qu’on en sait, c’est qu’une des grandes nouveautés annoncées sera une immersion dans ce monde via des casques de réalité virtuel… SimDom, nous voilà !

François Rouiller, Métaquine (2 volumes), éd. L’Atalante, 2016.

Vincent Gerber

1Voir Morgane Tual, « Absurde, créatif et débauché : dix ans après, « Second Life » est toujours bien vivant », en ligne sur ce lien.

2Vincent Gerber, « Utopies à bâtir », in Le Courrier, 24 juillet 2010.

Prix des Imaginales : le palmarès

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Le festival des Imaginales a fermé ses portes il y a une semaine. On ne pourra revenir sur l’ambiance des lieux, les débats et les soirées, trop vastes et difficiles à conter. Mais voici un écho, avec la liste des œuvres et auteurs ayant été distingués à cette occasion.

Lien direct vers la page des prix.

 

Les Lauréats 2016 des Imaginales

  • Catégorie roman francophone :

Manon FARGETTON, L’héritage des Rois Passeurs (Bragelonne)

 

  • Catégorie roman étranger traduit :

Marie BRENNAN, Une histoire naturelle des dragons – Mémoires de Lady Trent t.1 (L’Atalante), traduction de Sylvie Denis

 

  • Catégorie jeunesse :

Catherynne M. VALENTE, La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains (Balivernes), traduction de Laurent Philibert-Caillat

 

  • Catégorie illustration :

Melchior ASCARIDE pour l’identité graphique des Moutons électriques

 

  • Catégorie nouvelle :

Estelle FAYE, « Une robe couleur d’océan » (Légendes abyssales, anthologie officielle du Salon fantastique, Mythologica)

 

  • Catégorie prix spécial du Jury :

Éditions Callidor, pour leurs traductions inédites de classiques de l’imaginaire, collection « L’âge d’or de la fantasy »

 

1816-2016 : bicentenaire de Frankenstein

Nous fêtons cette année le bicentenaire de la création de Frankenstein, par Mary Shelley. A cette occasion, la Fondation Bodmer, sise dans le même village de Cologny qui l’a vu naître, présentera une exposition d’ouvrages anciens et rares, tels que « les manuscrits du roman et du journal intime de Mary Shelley, l’exemplaire de la première édition de Frankenstein annotée par l’auteur, l’exemplaire à envoi offert à Lord Byron, le portrait original de Mary Shelley et ceux de Percy Shelley, Lord Byron, et John Polidori, ainsi que de nombreuses éditions originales de ces poètes et écrivains réunis à la Villa Diodati en 1816. »
L’exposition dure jusqu’en octobre et est accompagnée d’un certain nombre d’événements, dans et en dehors de la Fondation. Voir le site www.frankenstein.ch.

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D’autres événement auront lieu en marge de l’exposition :

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François Rouiller nous livre Métaquine (sous ordonnance)

L’événement était attendu. Après avoir été impliqué dans le milieu de la SF suisse romande presque depuis ses débuts (du moins ses débuts populaires) au travers de nouvelles, d’essais (Stups et fiction, 100 mots pour voyager en science-fiction), de dessins (Après-demains), François Rouiller signe son premier roman. Ou plutôt ses premiers romans, car c’est bien une double sortie qui nous est proposée. Son nom, Métaquine®, « un médicament éprouvé… et prometteur ». On le comprend, ce pharmacien veveysan est resté sur ses terres pharmaceutiques de prédilection et longtemps défrichées à la lumière de la science-fiction.

La sortie se fait aux éditions L’Atalante (terres de prédilection des Suisses, il faut bien le dire).
Un livre à découvrir à jeun. Et attention, n’oubliez pas de lire la notice d’emballage !

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Avec le livre, un site dérivé qui pousse le concept jusqu’à la dose limite:
http://www.metaquine.com

Et le site de l’auteur :
http://www.noosfere.org/rouiller/

A noter que l’auteur viendra présenter son livre à la librairie Fahrenheit451 le samedi 23 avril, dès 14h00.

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Vernissage « Futurs insolites »

 

L’AMDA est partenaire des éditions Hélice Hélas pour annoncer la sortie du livre Futurs insolites, rassemblant des textes de science-fiction sur le thème de la Suisse. Son vernissage aura lieu le 10 mars à 18h30 à la Maison d’Ailleurs (cliquez ici pour découvrir l’invitation) et une seconde rencontre aura lieu le 11 mars à 18h à la librairie de la Proue, 17 rue des Escaliers à Lausanne.

Au musée, une présentation du livre et un apéritif se dérouleront dès 18h30 à l’Espace Jules-Verne. L’occasion de découvrir et feuilleter ce « laboratoire d’anticipation helvétique » et de rencontrer les auteurs (dont plusieurs sont d’ailleurs issus des rangs de l’AMDA, notamment l’anthologiste Jean-François Thomas).

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D’inquiétants futurs… à réécouter

Voici l’enregistrement de la table ronde du 16 janvier, entre le réalisateur Philippe Borrel et l’écrivain Alain Damasio sur le futur de notre société. Un grand merci aux organisateurs et au (nombreux) public présent !

Également disponible et téléchargeable directement sur Podcloud.
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Débat avec Alain Damasio et Philippe Borrel

Le futur sera en question le 16 janvier 2016. Une soirée spéciale rassemblera l’auteur lyonnais Alain Damasio (La Horde du contrevent, La Zone du dehors) et le réalisateur engagé Philippe Borrel, auteur du documentaire « Un monde sans humains ? » (ARTE, 2012). La soirée, co-organisée par le musée et l’AMDA, amènera la discussion sur les questions du « à quoi ressemblera notre futur », au niveau de l’évolution de la technologie et des sciences notamment.

« C’est un enjeu majeur pour nous : comment échapper à un cadre où tout acte laisse une trace sur une carte ? Où des banques de données, sans cesse, notent et stockent nos voix, nos pas, nos choix ? » (Damasio, Aucun souvenir assez solide)

L’entrée est libre et ouverte à toutes et tous.

Programme horaire :
18h – 19h​ | Table ronde
19h – 19h30 | Apéritif
19h30 – 21h | Projection du documentaire « Un monde sans humains? » (96 min)

Le débat et la projection auront lieu à l’Espace Jules-Verne de la Maison d’Ailleurs.

José Roosevelt : auteur de la carte de membre 2016

José Roosevelt est un auteur étonnant. Né à Rio à la fin des années 1950, il a connu une importante carrière de peintre, avec de superbes toiles d’inspiration surréaliste. Puis, l’artiste découvre la Suisse et finit par s’y installer. Il se lancera dans la bande dessinée à l’approche de la quarantaine, avec des œuvres fantastiques, de science-fiction, mais aussi et surtout, de réflexion. On notera des titres comme L’Horloge, La Table de Vénus ou A l’ombre des coquillages. L’auteur, surtout, n’a jamais choisi la facilité: loin des scénarios cousus de fil blanc, José Roosevelt s’amuse à jouer avec les chiffres, la symbolique, les trames non linéaires, des histoires qui s’entremêlent… Ses œuvres sont autant un divertissement qu’une quête intérieure. Depuis 10 ans, l’auteur travaille sur une importante série de science- fiction, au titre énigmatique de CE. «Ce», qui est aussi le nom de son personnage principal, un immortel, qui figure au centre de la carte de membre 2016 de l’AMDA. amda_carte_2016.indd

Parle-nous de cette illustration. Quelle est son histoire ?

C’est toujours un peu mystérieux. Pour un scénario, c’est plus facile: il y a des idées, quelque chose que je veux raconter. Une image, c’est autre chose. Une idée vient tout d’un coup, mais on ne sait pas d’où. Et ça me vient souvent quand j’ai l’esprit reposé. Je crois qu’il ne faut pas chercher à tout prix, mais laisser l’esprit vagabonder.

J’ai commencé par regarder les cartes qui avaient déjà été réalisées. Puis je suis allé voir les images de la Maison d’Ailleurs sur Internet. Et, plusieurs fois, on voit cette photo du musée vu de face. Je me suis dit: pourquoi ne pas prendre la silhouette de la Maison d’Ailleurs comme une porte d’entrée ? Celle d’un autre monde, ou de l’Ailleurs justement. Mais vue du côté de l’Ailleurs, pas de notre côté. J’ai décalqué cette photo, puis je me suis mis à dessiner le tour. A la fin, j’ai ajouté le personnage qui entre et la signature de l’AMDA. J’ai réalisé d’ailleurs plus tard que cette image de quelqu’un qui entre par une porte revient plusieurs fois dans mes albums. Sur le 4ème de couverture de la première trilogie de CE, il y a déjà un personnage qui entre dans une porte. Dans la couverture du tome 8 également. Ce sont des liens qu’on remarque souvent après coup, comme une forme d’inconscient.

Comment êtes-vous devenu auteur de bandes dessinées ?

Devenir auteur de BD, c’était mon rêve d’enfant. J’étais alors fasciné par le dessin, la bande dessinée – et le fantastique aussi. Tous les enfants commencent par s’exprimer par le dessin : il y a ceux qui s’arrêtent et ceux qui continuent ! Moi je dessinais sans arrêt, je faisais des bandes dessinées d’enfants. J’adorais ça. Puis à 15 ans, j’ai fait la découverte de l’œuvre de Dalí et son exploration de l’inconscient. C’est quelque chose qui m’a touché. J’ai commencé à m’intéresser de très près au surréalisme et, dans la foulée, à faire de la peinture. La bande dessinée est venue plus tard. Ce qui est une bonne chose, car il me fallait de la maturité pour faire de la bande dessinée. La peinture, c’est plus accessible ! (Rires.) C’est que la bande dessinée nécessite un scénario et pour raconter quelque chose de crédible, il faut un vécu. Sinon ça sonne creux. J’avais donc laissé tomber la bande dessinée pour la peinture et je l’ai reprise vers 38 ans.

Au Brésil, vous lisiez quel type de bandes dessinées ?

On avait les histoires de super-héros, qui venaient des Etats-Unis. J’aimais beaucoup Thor par exemple, avec Asgard et tous ses mythes. En 1966-67, on trouvait des petits récits de cinq pages qui accompagnaient les histoires de Thor. Stan Lee et Jack Kirby y racontaient des mythes scandinaves. A leur manière évidemment, avec les dessins de Kirby qui n’ont rien de scandinave. Et pourtant, ça reste crédible ! C’est ça qui est fantastique avec lui.
A une époque, il y avait toujours un événement qui apparaissait au milieu d’une histoire de Thor et qui allait avoir une incidence dans l’épisode suivant. Et dans celui-ci, d’autres éléments apparaissaient, etc. On était toujours en haleine. Même si une situation se résolvait, il y avait toujours un truc pendant. Et il a continué comme cela dans une 20aine de situation.

Comme dans CE d’ailleurs

 Peut-être. J’ai reçu des critiques par rapport à ça, sur des passages soi-disant anodin, sans intérêt. Mais ceux qui continuent à lire voient que ce n’était pas du tout anodin. On verra d’ailleurs dans le futur dixième volume qu’un personnage très secondaire du début prend de l’importance. On comprend qu’il n’était pas là pour rien !

José Roosevelt

José Roosevelt

Comment est né votre intérêt science-fiction ?

Le grand déclic, ma première grande expérience esthétique, c’est 2001 l’Odyssée de l’espace que j’ai vu à l’âge de 10 ans. Ce film a transformé ma vie. Il avait une originalité époustouflante, une audace ! En fait, il ne rappelait rien de connu, que ce soit au niveau visuel ou sonore. On se croyait vraiment dans l’espace. Dans les films qui avaient été faits auparavant en science-fiction, il y a toujours un plancher et une gravité qui pousse vers le bas. Là, non. Bien sûr, maintenant la partie psychédélique est un peu dépassée, avec tous les effets qu’on peut avoir aujourd’hui avec l’ordinateur. Mais à l’époque, c’était du pur délire. Je l’ai vu au cinéma au moins une vingtaine de fois depuis. Ce film m’a ouvert l’esprit, et notamment à la science-fiction.

Et en littérature ?

J’adore Philip K. Dick. Il est souvent critiqué pour sa façon d’écrire, mais je trouve pourtant son style magnifique. Il y a dans Coulez mes larmes, dit le policier un dialogue où il parle de la compassion. Et c’est beau, c’est d’un profond ! J’ai lu et apprécié d’autres auteurs, notamment Asimov ou Bradbury. Mais plus au niveau de l’imagination, cette façon de pousser des concepts. Chez Dick, il y a quelque chose d’autre. C’est un cerveau à part. Son imagination est féconde, il est capable d’inventer des choses folles.
Ce qui est admirable avec la science-fiction – la bonne science-fiction –, c’est qu’on pose des questions essentielles. Le voyage dans le temps, ce n’est pas seulement pour être original. Nous avons tous un rapport très mystérieux avec le temps. Écrire sur le voyage dans le temps, c’est explorer ce mystère-là. Et le préjugé qui existe envers la science-fiction est, je pense, une incapacité d’entrer dans ce genre de raisonnement.
La science-fiction, c’est à mon sens un peu le contraire du roman policier. Le roman policier, c’est le monde tel qu’il est sous une certaine vision. Mais une vision très rationnelle et terre-à-terre. Tout ce qui intéresse dans le roman policier, c’est de découvrir le coupable. Évidemment, il y a des livres policiers où il y a plus, notamment chez Simenon. Peut-être parce que ce n’est pas une traduction. Mais très souvent, quand je lis un roman policier, après 50 pages, je me dis que je m’en fous complètement de savoir qui est le coupable ! Je ne connais pas la victime. (Rires) Je n’y trouve rien qui me face réfléchir, qui apporte des questions essentielles. Quelque chose que je trouve dans les deux premiers paragraphes d’un Philip K. Dick !

Vous travaillez actuellement sur le dixième tome de CE, une série qui suit un plan précis. Quel était votre intention de départ?

Dans la genèse d’un livre, il y a toujours plusieurs idées. Elles viennent par moments et je vais les repêcher et les rassembler tout d’un coup dans un livre. Au départ, je voulais faire une histoire qui parle de la mémoire. Mais je ne savais pas comment l’aborder. Un jour, lors d’un voyage à Barcelone, je n’arrivais pas à dormir. Il y avait du boucan qui venait de la rue. Alors je sommeillais dans la chambre d’hôtel. Tout d’un coup, j’ai imaginé une histoire à trois niveaux : quelqu’un qui rêve, se réveille, puis se réveille à nouveau. Il y a dans CE le monde éveillé, celui des souvenirs et celui des rêves. Et dans les souvenirs, le personnage du passé rêve lui aussi. J’ai commencé le scénario comme ça. Et cette réflexion sur la mémoire, sur la réalité, c’est du Philip K. Dick justement: qu’est-ce que la réalité? Et qu’est-ce qui est vrai dans cette réalité ?
Ensuite m’est venu l’idée des treize chapitres. Il faut savoir que j’ai toujours aimé jouer avec les chiffres. Mon album L’Horloge était divisé en douze parties par exemple, et La table de Vénus en sept. Vous savez qu’Alice au pays des merveilles a douze chapitres, comme une horloge. Un jour j’ai eu un flash: est-ce qu’on pourrait ajouter un treizième chapitre à Alice au pays des merveilles ? A un certain moment dans le volume 3 de CE, un des personnages pose cette question. CE, c’est justement une histoire en douze volumes où on en ajoute un treizième. Mais après avoir écrit le premier chapitre, c’était tellement long que j’ai dû en faire un volume, et non un simple chapitre. Donc c’était parti pour 13 volumes.

Au rythme d’un volume par an, 13 ans, c’est long. C’est un défi ambitieux, non ?

Au départ, j’avais peur de me lasser. Mais au final, c’est l’inverse qui se produit : j’ai surtout peur de la fin ! Alors oui, c’est un projet ambitieux, mais comme je suis auto-édité, j’ai cette liberté. Etant libre, il faut être à contre-courant. Sinon cette liberté à quoi elle sert ? Par exemple, j’ai choisi de faire du noir et blanc, ça représentait déjà un point de divergence. Ensuite j’ai donné un titre si anodin qu’il n’évoque rien. « Ce », c’est le plus anodin possible. C’est indéfini, encore plus que « ça », qui est solide. On ne sait d’ailleurs pas qu’il s’agit de science-fiction. Ensuite, je voulais que le personnage principal ne soit pas sympathique. Il a cette petite barbe que j’abhorre, il est un peu chauve, sans aucun intérêt. Il est plus intéressant de creuser un personnage qui au début paraît anodin. Donc il y avait cette envie de sortir de l’ordinaire.

Vous avez rédigé un plan ou un storyboard ?

Non, j’ai toujours ce plaisir de créer au moment de dessiner la page. J’aime me surprendre tout le temps. Et chaque page est une création. On voit quand le livre est ouvert que les pages se répondent. J’essaie d’ajouter un côté esthétique, je ne peux pas m’en empêcher. Et je me donne la liberté de changer au dernier moment si je trouves une composition meilleure. Idem pour le dialogue. Il faut laisser le canal ouvert. Les bonnes idées viennent comme cela. Cependant, j’ai déjà l’histoire écrite, dans ses grandes lignes, jusqu’à la fin. Et j’écris tous les dialogues avant de commencer chaque volume.

L’histoire de Ce, l’immortel qui rêve ne peut se raconter en quelques lignes. Mais vous pourrez la découvrir aux éditions du Canard, via le site de l’auteur www.juanalberto.ch.

Le dixième tome est à paraître à l’automne 2016.

Utopiales 2015 : retours sur quelques futurs

UTOPIALES 2015_AFFICHE_(©Manchu)

A Nantes, le visiteur des Utopiales sait généralement à quoi s’attendre. Des tables rondes à profusion (avec la frustration, permanente, de celles qu’on a manquées), des films originaux, quelques expositions intéressantes… Mais on sait également que le cru de chaque édition se mesure surtout dans les nombreuses rencontres et échanges qui ont lieu hors des programmes imprimés. Mais cette édition 2015 du festival a su se démarquer par une saveur toute particulière. Ce notamment pour la délégation suisse romande présente (neuf représentants recensés).

Expositions

L’exposition principale proposée au public nantais cette année était consacrée à Manchu. On a pu y découvrir une centaine de magnifiques dessins (87 originaux couleurs et plusieurs dizaines de croquis), avec son style si détaillé, avec des toiles entièrement réalisée à l’acrylique et d’une force évocatrice rare. « Peut-être la plus belle exposition jamais présentée aux Utopiales » a déclaré Lehoucq, président de l’association des Utopiales. On ne peut qu’acquiescer. L’artiste signe sans doute une des plus belles affiches du festival également.

La table ronde qui lui était consacrée a permis de mieux connaître l’homme, plutôt discret au demeurant, mais dont la sympathie et la simplicité en fait une personnalité aussi reconnue qu’appréciée dans le milieu. On a au travers des échanges pu apprendre qu’il lui fallait 8 à 10 jours pour réaliser une couverture – ce qui paraît bien peu vu un rendu final si détaillé. L’artiste se refuse aujourd’hui encore l’utilisation d’une tablette numérique, mais il admet avoir recours à un logiciel de modélisation 3D pour bien saisir le rendu des ombres. Manchu a aussi fait état de ses liens avec l’Association Planète Mars (section française de la Mars Society, qui encourage les projets spatiaux en direction de la planète rouge), dont les scientifiques lui ont permis de parfaire la crédibilité de ses machines futuristes. Fantastique Manchu, à qui le jury des Utopiales a décerné le « prix extraordinaire » du festival, en récompense de son œuvre.

Si elles en mettaient plein la vue, le chapitre exposition ne se limitait pas aux œuvres de Manchu dans les allées de la Cité des congrès. La collection « Série B » de Delcourt, initiée par Fred Blanchard et Olivier Vatine, fêtait ses 20 ans cette année. L’occasion de revenir sur ces différentes séries – L’Histoire Secrète, Golden City, Jour J et j’en passe – avec des planches originales. Présentées dans un bunker, ces noir et blanc étaient du plus bel effet – à nous faire presque regretter de ne pas les avoir publiées tel quel, sans couleurs. Pour les accompagner, quelques couvertures (de Manchu) et autres croquis donnaient une vision d’ensemble de plusieurs univers phares de cette collection. Plus loin, les planches de Wika d’Olivier Ledroit (dessinateur des premiers volumes des Chroniques de la Lune Noire), vives de couleurs, contrastaient avec l’ambiance caverneuse du bunker. Elles démontraient surtout, s’il le fallait, que l’artiste n’a rien perdu du mordant de son trait, poussant l’innovation jusqu’à aller coller des petits rouages mécaniques et autres anneaux dorés sur ses originaux. Belle originalité, et  les amateurs de fantasy et de steampunk auront certainement apprécié.

Les autres expositions, plus restreintes étaient moins marquantes, notamment celle consacrée aux animaux du futur dont on aurait pu en attendre plus. Mais peut-être que les chantiers stellaires LEGO, situés à proximité, ont capté toute l’attention de cette partie du bâtiment. Sans répit, les animateurs ont mobilisé la créativité des plus jeunes (mais pas que !), faisant grossir de jour en jour la flottille de petits vaisseaux suspendus dans les airs à l’entrée des lieux.

Hommages

Cette 16ème édition des Utopiales était aussi, et plus tristement, particulière en raison de plusieurs grands noms disparus en 2015. Michel Jeury, Ayerdhal, décédé d’un cancer deux jours avant l’ouverture du festival, le Québécois Joël Champetier ou encore Terry Pratchett ont reçu de vibrants hommages de la part de leurs pairs et des fans présents. Plusieurs tables rondes sont revenues sur leur parcours, leur impact et leur héritage. L’émotion était présente – le rire aussi, notamment lors de la conférence dédiée à Terry Pratchett. En hommage à ce dernier, le festival projetait l’adaptation – très réussie, malgré quelques passages un peu surfaits – de son ouvrage Timbré, dont les deux présentations ont attiré les foules.
On remarque que la disparition de l’auteur ne marque d’ailleurs pas forcément une fin. Si aucune suite à la saga du Disque-Monde n’est à l’ordre du jour, le dernier roman du Britannique est en cours de traduction à l’Atalante, tout comme Stephan Baxter a fini, seul, la série de La longue Terre, co-écrite avec Pratchett. De même au Québec, où la mémoire de Joël Champetier sera perpétuée via un prix à son nom, annoncé à cette occasion. Un prix qui s’adresse aux auteurs francophones non-canadiens et une bien belle façon de renforcer les liens entre ces deux côtés de l’Atlantique.

Québec

Les Québécois justement étaient passablement à l’honneur cette année, notamment grâce à un partenariat entre le festival et la province canadienne. Outre l’hommage à Joël Champetier, une table ronde sur l’actualité de la science-fiction québécoise était au programme, en présence de Jean Pettigrew (président des éditions Alire) et Claude Janelle. Ce dernier, historien de la science-fiction francophone nord-américaine, est l’auteur de l’imposant DALIAF : le Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française. Il se trouve également en charge chez Alire d’un projet visant à retracer l’intégralité de la production annuelle de leur province, au travers d’une revue « L’Année de la science-fiction et du fantastique québécoise ».

On a pu remarquer dans leurs discours que les préoccupations des auteurs et éditeurs québécois ne sont guère éloignées des nôtres : volonté de montrer la vivacité de la scène locale (pour nous nationale, au travers de l’Almanach des publications suisses), mais aussi tout le problème lié à la diffusion sur territoire français. Jean Pettigrew a ainsi rappelé les difficultés pour un éditeur étranger d’être présent sur les rayons de l’Hexagone, où le marché est déjà saturé – alors que les ouvrages français trouvent sans peine leur chemin au Québec, comme en Suisse d’ailleurs. Un problème que les auteurs suisses ont contourné en cherchant à se faire éditer en France directement, mais avec les problèmes de revenu que cela comporte, en raison des différences de coût de la vie et de la baisse actuelle de l’euro. Situation différente au Québec, où le réservoir de population permet de faire vivre les auteurs locaux via une maison d’édition (Alire), deux revues (Solaris et Brin d’éternité) et un festival (le congrès Boréal).

Et les Suisses ?

Les Suisses ? Oui, ils étaient bien présents également, et pas seulement pour le tourisme : Laurence Suhner, invitée du festival, concourait cette année pour le prix Julia-Verlanger avec Origines, le dernier tome de la trilogie Quantika. Si le suspense n’a pas tenu très longtemps (les bandeaux rouges annonçant le lauréat ayant été un peu maladroitement placés dès l’ouverture du festival sur Lum’En de Laurent Genefort), l’impact de Quantika était très présent durant les cinq jours. Que ce soit par la table ronde qui lui était entièrement consacrée, le mur avec les originaux signés par Manchu des couvertures de L’Ouvreur des chemins et Origines et les dessins préparatoires exposés bien en vue dans l’exposition (Manchu a d’ailleurs révélé en conférence avoir, par son dessin du Granc Arc pour Vestiges, fait modifier à la romancière la forme qu’elle lui avait donné dans le texte). Pas de prix, mais la Genevoise n’a certainement pas fait le déplacement pour rien.

Ailleurs, Anthony Vallat, également invité du festival, a participé à plusieurs tables rondes et continue de creuser l’œuvre d’Asimov. François Rouiller, qui n’a jamais manqué une édition, nous a révélé que le contrat pour son ouvrage en préparation avait été signé et que celui-ci sortira en mars prochain. Deux membres des éditions Hélice Hélas venaient eux présenter le projet d’anthologie sur la Suisse (à paraître en 2016) et montrer le premier tirage aux représentants de la presse. Cédric Jeanneret rejoint lui le jury du prix des blogueurs pour l’an prochain, tandis que quelques Franco-Helvètes s’infiltraient dans le comité œuvrant pour organiser une Worldcon en France en 2023… Belle activité.

Morceaux choisis

Il serait impossible de faire le compte-rendu de tout ce qui s’est discuté à Nantes, mais les tables rondes étant enregistrées, chacun aura à loisir de (ré)écouter celles qu’il a manquées. On se bornera néanmoins à présenter ici quelques moments clés saisis au vol :

– La question de la conquête spatiale a traversé plusieurs tables rondes. Beaucoup demandaient pourquoi cela s’était arrêté, voire « pourquoi on y était pas déjà » (Daniel Tron). Gros débat, mais les scientifiques présents de rappeler que la conquête spatiale n’a pas vraiment connu d’arrêt, chiffres à l’appui. Certes, on envoie plutôt des robots que des êtres humains, mais avec des résultats non moins fondamentaux. L’atterrissage de Rosetta sur la comète était encore dans toute les mémoires.

– « Vous me comprenez, vous m’avez toujours compris ». Beau témoignage de Robert Silverberg qui, en réponse à une question du public, expliquait par ces mots pourquoi il aimait venir en France. Le tout sans oublier d’y ajouter le plaisir de boire du bon vin et de retrouver son ami Norman Spinrad.

– « Faire de la SF, ce n’est plus tant en écrire. On est plutôt dans l’action concrète », dixit Nicolas Nova, professeur de design à Genève et auteur du livre Futurs ? La panne des imaginaires technologiques (éd. Les Moutons électriques).  Le réel a rattrapé, voire pris de l’avance, sur les esprits chargés de le penser. Avec l’exemple de Bruce Sterling, à Turin, qui préfère monter sa FabLab que d’écrire de la SF…

Jean-Marc Ligny a touché quelque chose de très pertinent en annonçant que le changement climatique avait changé la manière dont on pensait la science-fiction. C’est un phénomène qui, selon lui, est devenu certain. Un fait plutôt rare en SF, qui jusque-là traitait essentiellement de potentiel (guerre nucléaire, surpopulation, etc.). « Ca change la science-fiction actuelle, car le changement climatique doit [forcément] être intégré à la SF prospective. » Au point que ça devient un nouveau genre aux USA : les « climate fictions ».

– Avec la disparition de Terry Pratchett, la question a été de savoir ce qu’il adviendra de son œuvre. Notamment si elle allait entrer dans les universités, comme certain(e)s le craignent. Une université de l’invisible, à la rigueur…

– « La spécificité de la science-fiction québécoise, je pourrais dire qu’elle est suisse. » Jean Pettigrew faisait ici référence au climat, tant les températures rudes et vigoureuses des terres canadiennes marquent les pages de ses auteurs… Ce n’est pas Laurence Suhner et sa planète glacée qui le contredira.

Prochaine édition du 29 octobre au jeudi 3 novembre 2016 !

Vincent Gerber

shayol

©Ludovic Failler

Les prix – palmarès 2015

Prix Julia-Verlanger

Lum’en, Laurent Genefort, éd. Le Bélial, 2015

Mention spéciale du jury

L’Adjacent, Christopher Priest (traduction de Jacques Collin), éd. Denoël, 2015

Prix de la meilleure bande dessinée de science-fiction

Les Ogres-Dieux, tome 1, Petit, Hubert et Bertrand Gatignol, éd. Soleil, 2014

Album « coup de cœur » 2015 du public

Soucoupes, Obion et Arnaud Le Gouëfflec, éd. Glénat, 2015

Prix Utopiales Européen Jeunesse

Humains, Matt Haig (traduit par Valérie Le Plouhinec), éd. Hélium, août 2014

Prix Utopiales Européen

L’Autre Ville, Michal Ajvaz (traduit par Benoît Meunier), éd. Mirobole, 2015

Grand Prix du Jury – compétition internationale de longs-métrages

Évolution de Lucile Hadzihalilovic / France-Belgique-Espagne, 2015

Prix du public – compétition internationale de longs-métrages

Moonwalkers d’Antoine Bardou-Jacquet / Grande-Bretagne, 2015

Prix Extraordinaire

Manchu

Zurich 1959 : première convention européenne de SF

En août 1959, la section suisse du Science Fiction Club Europe (SFCE, issu du Science Fiction Club Deutschland) organisait à Zurich ce qu’on peut considérer comme la première grande conférence européenne de science-fiction. Tenue à l’hôtel Weisser Wind, elle réunit surtout des fans venant de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche, mais aussi quelques francophones, dont Pierre Versins. Elle est organisée notamment par un comité présidé par Walter Wegmann.

Présentée comme la première « Eurocon », elle est effectivement pionnière du genre. Il faudra de fait attendre 13 ans et l’Eurocon de Trieste en 1972 (la première officielle) pour lancer leur organisation régulière tous les deux ans puis tous les ans. Elles seront alors organisées par l’European Science Fiction Society, institué à Trieste. Et avec dès lors un spectre plus large que la sphère germanophone.

Conf Zurich

 

Programme du 22 août

  • 14h10 Accueil par le directeur du SFCE-Suisse, Walter Wegmann
  • 14h20 Discours d’ouverture de Wolf Detlef Rohr
  • 14h40 Accueil  des délégations étrangères et lecture de bienvenue de Rainer Eisfeld
  • 15h Forum-SF: Discussion sur la science-fiction et les questions liées (possibilité de poser des questions à un cercle de premier plan composé d’éditeurs, d’auteurs, de scientifiques, des éditeurs de fanzine, lecteurs de SF et des invités étrangers). Modérateur: K.H.Scheer.
  • 16h30 SFCE Filmclub – les locations de films Titan apportent des jeux et des films documentaires, modérateur Günter Oehler. (Droit ZIV-TV-Prod).
  • Soirée science-fiction – le programme est le suivant :
  1. La mode en l’an 2999 (défilé de mode et concours de costume)
  2. Quiz – conférence
  3. Sketchs – absolument pas utopique !
  4. Grande tombola du SFCE-Suisse
    Conférence plénière : Heinz Fries
    Et un groupe de musique sur lequel danser !

Programme du 23 août

  • 10h Conférence du Dr Hans Gentsch sur le roman utopique comme littérature populaire. (Des questions pourront être posées au conférencier.)
  • 11h Conférence de M. Pierre Versins sur la SF francophone, de Jules Verne à aujourd’hui. (Introduction et réponses aux questions par Rainer Eisfeld.)
  • 14h Allocution de l’invité d’honneur: Freder van Holk.
  • 15h SFCE Filmclub – les locations de films Titan apportent des jeux et des films documentaires, modérateur Günter Oehler. (Droit ZIV-TV-Prod).
  • 16h30 Ventes aux enchères: Livres, manuscrits, posters seront proposées aux enchères. Commissaire-priseur: Heinz Fries
  • 20h Célébrations des membres, auteurs et éditeurs méritants par le Science Fiction Club Europa.
    Attribution du prix « Hugo 1958 » par le SFCE Fanclub (connu auparavant sous le nom de SFCD).
    Pour la première fois, attribution du « Prix Kurd-Lasswitz » par le Science Fiction Club Europa.
  • 21h Concert général
  • 24 h Discours de clôture de Walter Wegmann, président du SFCE-Suisse.

Dépliant de présentation et programme  de la convention de Zurich