« Elephant Woman », de Jean Fontaine

1996 : Elephant Women, de Jean Fontaine

Sculpture de grès et verre soufflé de Jean Fontaine.
Acquis par l’AMDA en 1996.
Photo : J-P. et N. Eschmann

Extrait du commentaire qui a suivi son achat dans le D’Ailleurs Infos N°5 :
Intitulée « Elephant Woman » cette création en trois dimension combine avec une belle cohérence des formes humaines, animales et mécaniques. Selon l’oeil ou l’esprit qui l’approche, elle prend l’aspect d’un coquillage cornu, d’un crâne de mammouth, ou d’un tronc féminin mû par de long engrenages. Ses volumes tourmentés évoquent un monde en mutation, qui renonce à ses repères ordinaires : l’inanimé s’éveille à l’existence ; la vie contamine pierre et métal. Cyborg, biomécanoïde, paradoxe, simulacre : il n’y a pas de mots, fussent-ils composés, qui n’étreignent justement cette chimère. Où s’arrête la bête ? Où commence la femme ? Où la machine ? Le ventre fait corps avec la roue, les bras s’effilent en rostres, la peau craque sous l’effort des pignons.

« Elephant Woman », comme ses soeurs exposées dans « Zoofolies » semblent de fonte et d’ivoire. En réalité, l’artiste n’a utilisé que du grès et du verre. La céramique, soumise à de subtiles oxydations, a pris la couleur du fer calciné. Les cornes qui la prolongent ont été soufflées par des artisans ukrainiens, seuls capables de donner au verre la teinte et la patine de la corne.

L’imagination de Jean Fontaine n’accouche pas seulement d’un impressionnant bestiaire de science-fiction. Elle soumet à une alchimie transformatrice la matière même dont sont faites ses oeuvres.