Enseigne lumineuse martienne à Genève

Le touriste martien qui se baladerait à Plainpalais serait surpris de pouvoir lire une enseigne dans sa langue sur l’immeuble du 20, avenue Henri-Dunant. Mais de quels Martiens parle-t-on : ceux d’Herbert George Wells, de Ray Bradbury, d’Edgar Rice Burroughs…? Non, ce sont ceux d’une Genevoise qui se serait rendue sur place, en pensée, et qui aurait appris à parler et écrire le martien ! Rembobinons…

Fin 1899, Théodore Flournoy, professeur de psychologie à l’Université de Genève, publie Des Indes à la planète Mars, qui deviendra un best-seller traduit en plusieurs langues1. Ce livre décrit les expériences de spiritisme menées avec une médium genevoise, Catherine Müller (1861-1929), qui prétend avoir des visions de la planète Mars. Afin de protéger sa vie privée, Flournoy lui donne le pseudonyme d’Hélène Smith. Dans son état somnambulique, Hélène Smith dessine des paysages et habitants martiens, et écrit des textes en martien qui sont reproduits dans Des Indes à la planète Mars.

Revenons maintenant au XXIe siècle. En 2006, les Fonds d’art contemporain du Canton et de la Ville de Genève lancent le projet d’art public « Neon Parallax » visant à poser des installations lumineuses sur les immeubles de la plaine de Plainpalais, en contrepoint artistique aux publicités. Inaugurée le 27 juin 2022, l’installation de l’artiste allemand Olaf Nicolai « ALDEZBF ? Imagination sublime », est basée sur l’écriture martienne d’Hélène Smith.

Bruno Mancusi

Légende photos : L’immeuble du 20, avenue Henri-Dunant et son enseigne en caractères « martiens » (photo © Bruno Mancusi).

1 Dernière édition française : L’Harmattan, 2006.