Monthly Archives: mars 2023

Lieux dédiés à la SF : Un coup d’œil outre-Atlantique

On présente souvent la Maison d’Ailleurs comme LE musée européen de la science-fiction. À juste titre (1). Mais notez bien l’adjectif « européen ». Il existe dans le monde d’autres musées liés d’assez près à cette culture. Petit tour d’horizon aux États-Unis…

Le premier à mériter la mention est bien entendu le Science Fiction Museum (2) de Seattle (devenu le Museum of Pop Culture, le MoPOP) qui ravira aussi bien les fans de SF que de musique grunge. Après lui, et bien qu’encore très virtuel, il faut citer le Museum of Science Fiction (le MOSF (3) ), à Washington. Un projet lancé en 2013 par un professeur en intelligence artificielle, soutenu par la NASA et quelques auteurs dont David Brin et Greg Bear. Le MOSF, visiblement très (trop ?) ambitieux, a présenté quelques expositions dans des lieux temporaires, mais se cherche encore un terrain pour accueillir son architecture futuriste…

Il existe cependant aux USA un autre lieu où l’imaginaire remplit des lignées d’étagères : la bibliothèque de Riverside (4). L’université Riverside de Californie a acquis en 1969 la collection de J. Loyd Eaton. Composée à l’origine de quelques 7’500 livres, revues et autres objets « seulement », Riverside compte aujourd’hui plus de 300’000 pièces de science-fiction (dont 100’000 livres et 100’000 fanzines) et quelques fonds d’archives d’auteurs et d’autrices, notamment Anne McCaffrey et Poul et Karen Anderson et, de façon plus subsidiaire, Philip K. Dick, Frank Herbert, Vernor Vinge, etc. Elle représente rien de moins que la plus large collection au monde. En comparaison, la Maison d’Ailleurs en rassemble près de 100’000 aujourd’hui.

La réputation de Riverside doit beaucoup à la passion du conservateur qui en a eu la charge à partir de 1979, Georges Edgar Slusser. Diplômé en lettres françaises et fort d’un doctorat en littérature comparée, Slusser a non seulement donné une réputation internationale au fonds Eaton, mais a tout autant œuvré à faire entrer la science-fiction au sein du monde académique, notamment en initiant un cycle de cours sur ce domaine à Riverside même.

Les musées d’importance dédiés essentiellement à la science-fiction restent donc rares, même outre-Atlantique. Ils n’en demeurent pas moins des lieux de savoir et d’imaginaire concentré, et qu’on espère voués à essaimer.

Vincent Gerber

(1) On mentionnera bien le MUFANT, fondé en 2009 à Turin, seul rescapé italien depuis la fermeture du MUSEF, musée de la science, de l’astronomie et de science-fiction, de Galba. Notons encore l’existence du Naia Museum, en France, à Rochefort-en-Terre, dédié aux arts de l’imaginaire au sens large.

(2) https://www.mopop.org

(3) https://www.museumofsciencefiction.org. La page « The Preview Museum » donne quelques idées du projet envisagé.

(4) https://scua.ucr.edu

Pierre Versins aurait eu 100 ans…

Cette année, nous fêtons le centenaire de la naissance de Pierre Versins, fondateur de la Maison d’Ailleurs. De son vrai nom Jacques Chamson, il naît le 12 janvier 1923 à Strasbourg. En 1944, il est arrêté pour avoir voulu rejoindre la Résistance et déporté dans divers camps de concentration, dont Auschwitz et Buchenwald. À sa libération, il ne pèse plus que 38 kg. En 1948, La Chaîne du Bonheur lui permet d’obtenir un séjour dans une clinique de Leysin pour soigner une tuberculose osseuse. C’est là qu’il rencontre une secrétaire française, Martine Thomé, avec laquelle il se marie en décembre 1948.

En 1951, inspiré par le phénomène des soucoupes volantes, il publie « L’invasion des discoboles » (1) en feuilleton dans l’hebdomadaire lausannois Radio-Je vois tout. C’est à cette occasion qu’il choisit le pseudonyme de Versins, souvenir d‘une ancienne adresse parisienne, rue Vercingétorix. En 1954, Radio-Genève diffuse sa première pièce radiophonique de SF, Cybernetics, prélude à la série Passeport pour l’inconnu, diffusée de 1957 à 1973.


Le livre-hommage de l’AMDA (Il venait de Céphée, il s’appelait Versins, L’Âge d’Homme, 2003) est toujours disponible à la boutique du musée.

En 1956, il fonde à Lausanne le Club Futopia et le bulletin Ailleurs, qui existeront durant cinq ans. En 1972, L’Âge d’Homme publie sa monumentale Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction. Dans l’entrée qu’il se dédie dans ces pages, Versins annonce qu’il mourra centenaire…Publiée à 3500 exemplaires, la première édition est rapidement épuisée. Une deuxième sera publiée en 1984. Des traductions anglaise et italienne étaient prévues, mais ces projets tombèrent à l’eau.

Après Leysin, Lausanne, Prilly et Rovray (près d’Yverdon), Versins s’établit enfin à Yverdon, rue du Four 5, en 1976. C’est là que sera inaugurée la Maison d’Ailleurs, le 1er mai 1976. Versins est logé par la municipalité, mais ne reçoit pas de salaire. Il vit de sa pension d’ancien déporté. Le franc français se dépréciant de plus en plus par rapport au franc suisse, Versins est contraint de rentrer en France en 1981. Il s’installe d’abord à Avignon, puis à Paris, Saint-Malo et, finalement, retourne à Avignon où il s’éteint le 19 avril 2001.

(1) À découvrir sur notre site : www.amda.ch/discoboles

OuStaPo(calypse) au vernissage (Ré)Volte!

Lors du vernissage de l’exposition (Ré)Volte! à la Maison d’Ailleurs le 11 mars, l’AMDA proposait son OuStaPo(calypse) : un Ouvroir du Star wars Potentiel. Un cadavre (forcément) exquis qui proposait aux participants de combiner une phrase de Star Wars avec une citation tirée d’un autre film ou d’une référence populaire (à vous de la retrouver !). Drôles, surprenant, détonnant, petit aperçu de vos créations (possibilité de voter sur notre page Facebook pour votre préférée) :

« Si je te disais la moitié des choses que l’on m’a dites sur Jabba the Hutt tu te ferais sûrement un court-circuit, alors autant en choisir une qui ait de la gueule. »

« Capitaine les chances de traverser un champ d’astéroïdes avec succès sont approximativement de 1 sur 3720, mais ce sont les pauvres qui sont fous nous les millionnaires nous sommes excentriques. »

« Au cas où on ne se reverrait pas d’ici là une bonne soirée et une excellente nuit et que la force soit avec toi. »

« La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, mais s’il y a un point central dans cet univers tu es sur la planète qui en est le plus éloigné. »

« La route est dégagée p’tit gars, fais-moi péter c’t’engin et on rentre et que le sort vous soit favorable. »

« Ils n’auront pas leurs vainqueurs cette année, parce que d’une grande prudence tu dois faire preuve pour pressentir l’avenir, Anakin. »

« L’étoile noire est l’engin de guerre le plus puissant de tout l’univers, sauf que c’était pas ma guerre. »

« Un droïde ça ne broie pas le bras de son adversaire quand il perd au jeu, alors qu’un wookie lui il s’en prive pas : la vérité est ailleurs »

« Quand 900 ans comme moi tu auras, moins en forme tu seras et on n’oublie pas le visage de la personne qui a représenté votre dernier espoir. »

Serge Pellé, artiste de la carte 2023

Un monolithe cristallin, expulsé de terre, et son vaisseau filamenteux venu l’observer. Ou l’exploiter peut-être ? Mystère, car la réalisation de la carte de membre 2023 a été confiée au dessinateur de bande dessinée Serge Pellé et lui seul saura ce qui se cache derrière le rocher. Un décor en tout cas qui rappelle volontairement Moebius, dont l’univers, avec ceux de Druillet et Mézières, fait partie des grandes inspirations SF et BD de l’artiste français.

Son parcours ne l’a jamais tenu très loin de la science-fiction : après avoir fait ses premières armes en bande dessinée au milieu des années 90, Serge Pellé a travaillé (brièvement) dans la pub, puis comme game designer chez Ubisoft (rappelez-vous le jeu de course futuriste P.O.D.), et dessinateur de story board pour la série d’animation (de SF, encore) Malo Korrigan, diffusée au début des années 2000 sur M6. C’est donc non sans un certain bagage professionnel qu’il revient aux cases en 2006, avec les débuts de la série Orbital (éditions Dupuis), scénarisée par le prolifique Sylvain Runberg, alors au tout début de sa carrière.

Carte 2023 – Serge Pellé

Dans ce space opera bien rythmé, un duo de diplomates issus de deux civilisations ennemies doit maintenir la paix au sein d’une ONU du futur. On y retrouve un univers riche, mis en valeur par un scénario politique très actuel. La série, qui compte 8 tomes, fait partie des toutes bonnes sorties en SF de ces dernières années, et le dessin de Serge Pellé n’y est pas étranger. Loin de la froideur des aplats numériques, le trait de Serge Pellé fourmille de détails et nous imprègne de son ambiance, sur la terre et dans la poussière des planètes minières et autres marécages luxuriants des mondes plus aquatiques. On appréciera particulièrement ses vaisseaux organiques, parfois même vivants – comme celui dessiné pour la carte.

L’an dernier, la série a connu un spin-off, Outlaws, dessiné par Eric Chabbert. Il faut dire qu’entre-temps, Serge Pellé s’est consacré à l’adaptation d’une nouvelle de Liu Cixin, Les migrants du temps, toujours avec Sylvain Runberg, qui sortira cette année dans la toute jeune collection des éditions Delcourt dédiée à l’auteur chinois. Mais l’envie de retrouver Orbital après cette pause bienvenue est bien là, nous confie Serge Pellé au téléphone. Quatre nouveaux tomes pointent à l’horizon. L’aventure est loin d’être finie.

Vincent Gerber

Mars est à notre porte !

Amateurs et amatrices de voyages extraordinaires, ça y est, nous y sommes (presque) !

L’inauguration de la première Porte des étoiles, ou « Stargate », a eu lieu les 27 et 28 août 2022 à Flumet, en Savoie. Nous devons ce fabuleux accomplissement aux membres de l’association « Les Enfants de MacGyver », qui travaillaient sur ce projet depuis 2010 et que vous avez peut-être eu le plaisir de rencontrer lors de l’AG 2018 de l’AMDA.

Cette porte des étoiles permet-elle vraiment de voyager instantanément entre les planètes ? Bien sûr ! Enfin, presque certainement. Il a bien entendu été impossible de la tester en conditions réelles pour l’instant, puisqu’il n’y a, à notre connaissance, qu’une seule porte des étoiles en activité.

Cependant, pas d’inquiétude, selon des sources extrêmement fiables trouvées sur internet, la NASA s’apprêterait à construire une deuxième porte identique à la première… sur Mars ! La planète rouge pourrait ainsi nous être prochainement aussi accessible que notre propre salle de bain !

P.S. : Nous rappelons à nos fidèles lecteurs et lectrices que l’achat de billets sur des sites non officiels est fortement déconseillé.

Pour plus d’informations : www.emg-team.fr

© Les Enfants de MacGyver